Search

Regard sur le cinéma français, classique et contemporain


Chers membres,



Le français : votre entrée au monde des arts


La langue française est la clef qui ouvre d'innombrables portes aux arts, y compris le septième art. L'Alliance française vous encourage, grâce à nos cours de langue ainsi qu'à nos événements culturels, à découvrir cette richesse ici à San Diego. Nous croyons profondément que l'une des meilleures façons d'apprendre le français est justement d'interagir avec les produits des cultures francophones. Aujourd'hui, nous mettons donc en lumière un film culte d'un cinéaste français renommé, François Truffaut, dans le but d'éveiller un désir en vous de découvrir la tradition de qualité et d'introspection qu'est le cinéma français. J’espère que ma revue vous intriguera !


La Sirène du Mississippi (1969) : revue d’un film culte


La Sirène du Mississippi (1969), un drame de François Truffaut, nous piège dans un tourbillon de mensonges, de poursuites futiles et de tendresse désespérée entre deux personnes qui disent s’aimer mais qui ne se connaissent guère. A travers le récit de ces deux personnages cassés, le réalisateur de la Nouvelle Vague nous montre que la séduction, l’obsession et la destruction vont de pair. Ce film exprime une question que Truffaut cherche à poser dans plusieurs de ses œuvres : est-ce que l’amour est une joie ou une souffrance ?


Le jour où sa vie basculerait, Louis Mahé (Jean-Paul Belmondo) attend au port pour sa nouvelle mariée par correspondance, Julie Roussel (Catherine Deneuve). Angoissé, il fixe le cargo et les gens qui débarquent du navire Mississippi. Le temps passe, mais elle n’est toujours pas là. Déçu, il quitte le port, mais au bord de la mer, une femme apparait parmi l’herbe, apparemment de nulle parte. « C’est moi, Julie Roussel » déclare-t-elle. Cette femme ne ressemble point à celle que Louis attend, mais il l’accepte tout de même quand elle explique qu’elle ne voulait pas dévoiler sa vraie apparence par correspondance.


Mais Julie n’est pas la seule personne qui avait menti. Louis, qui lui a écrit qu’il était contremaître d’une ferme de tabac, est réellement le propriétaire d’une vaste plantation sur l'Île de la Réunion. Une femme plus belle que prévue, un homme plus riche que prévu : on croit que cette rencontre est un heureux hasard.


Et pourtant, très vite, les beaux mensonges se terminent et les vérités laides remontent à la surface. Dans chaque scène qui suit, l’identité de « Julie » dévient plus floue, jusqu’à sa disparition avec la caisse de Louis. Louis, motivé par un mélange de vengeance et de déchirement, se met à chercher cette femme. Sa quête vertigineuse le mène à Nice, à la campagne en Aix-en-Provence et à Lyon. Il cherche sa sirène à tout prix, et elle, obligeante, brandit sa présence pour le mener volontairement à la noyade.


Dans La Sirène, le scénario crée une atmosphère précaire. Truffaut n’était pas seulement réalisateur, mais plutôt auteur ; il a écrit ses propres scénarios pour avoir le contrôle artistique sur ses films. Ce n’est sûrement pas par hasard que, même dans leurs conversations les plus intimes, Louis et Julie glissent constamment entre le tutoiement et le vouvoiement. Le film est plein de dialogues de « je vous aime » et de « je te crois ». La confusion grammaticale induite par Truffaut signifie une confusion de distance et de proximité. Dans une scène, les deux se vouvoient glacialement, parlant de leurs malentendus ; dans une autre scène, ils se tutoient, disant des petits mots doux jusqu’à ce que la distance revienne brutalement avec un « vous êtes adorable » ou un « je vous attends ». Ce jeu de mots créé par Truffaut est une façon subtile de développer la relation entre les deux personnages sans devoir avoir recours aux gestes serviles. Malheureusement pour l’auditoire anglophone, cette nuance ne se traduit pas dans les sous-titres, où l’on ne voit que le « you » indifférencié.


La Sirène du Mississippi est un film voué à ceux qui s’identifient avec le désir dévorant. Louis cherche désespérément l’objet de son désir, mais peut-il le trouver ? Julie déclenche le chaos, mais tout semble se passer malgré elle. Truffaut lance un défi au visionneur : soyez séduit par le chant de sirène qu’est La Sirène du Mississippi.


Le French Film Club : une opportunité de vivre le cinéma français avec nous


Si ma critique a retenu votre intérêt pour le cinéma français, pourquoi ne pas assister à la projection d'un film français avec nous ? Faites partie de la tradition française du septième art avec d’autres membres de votre Alliance ! Vous en aurez l'occasion le 7 octobre, en un lieu magnifique au sommet de Soledad Mountain. Notre newsletter vous rappelle :


THE FRENCH FILM CLUB will kick off its showings at the San Diego French American School with a recent movie from Marc Dugain, based on Honoré de Balzac's Eugénie Grandet. The event is sponsored by Ingrid Pasco, who will provide refreshments to enjoy during the movie. Afterwards, we will host a lively conversation about the film.


Friday, October 7 at 7 pm at the San Diego French American School.

Free with a suggested donation of $10 to support this program.


A bientôt au cinéma !


Frank Finch, coordonnateur en éducation et professeur, Alliance Française de San Diego









Rétrospective sur le tournage du film La Sirène du Mississippi. Nice, 2021. (Photos : Frank Finch)



Eugénie Grandet, un film de Marc Dugain : visionnement à ne pas manquer le 7 octobre à 19 h à l'Ecole franco-américaine de San Diego / San Diego French-American School.

31 views0 comments

Recent Posts

See All